Je venais de terminer Le temps des léopards d’Yves Courrière qui
évoquait l’extraordinaire – et oublié – engagement de Français dans
la Révolution, comme le couple Chaulet, et je me réveillais sur
Souhila El Hachemi sur la Chaîne III, suggérant en direct à un
cyberflic d’avoir la main plus lourde contre les cyberdissidents ! Il y
a aussi ce vent de révolte sociale à la radio et les intimidations des
responsables ! Sous le choc, je séquestre Omar Zelig, alias Luc
Chaulet, réalisateur radio, auteur - Le Gatt et moi et Red One,
l’énigme du mystérieux dessinateur oublié, chez Dalimen - et
dessinateur, pour un interrogatoire musclé. PV d’audition.
- Commençons par ton mystérieux pseudonyme…
Je suis parti en 1994 en France, à Paris, comme un certain nombre de
personnes à l’époque. J’étais parti pour quinze jours mais ça a duré quatre
ans ! Et là bas, il a bien fallu travailler un peu, j’étais toujours employé de la
radio ici à Alger, et donc il me fallait un pseudonyme. Il y avait à l’époque
l’affaire Omar Raddad, avec le célèbre «Omar m’a tuer». Et au cinéma, j’avais
vu le film de Woody Allen, Zelig, un beau film, une comédie avec un
personnage caméléon, c'est-à-dire qu’il est Arabe avec les Arabes, Juif avec les
Juifs, Allemand avec les Allemands, Chinois avec les Chinois… ça me plaisait
bien cette idée : je suis un peu comme ça, et j’ai pris ce pseudonyme de Omar
Zelig. Et quand je suis rentré à Alger, je l’ai réutilisé! Mais, ceci dit, ça m’a aidé,
parce que comme je m’appelle Luc Chaulet, même si je suis Algérien, ce nom
focalisait trop. Mon nom envahissait trop ce que j’étais réellement,
- Pourtant ce nom-là, Chaulet…
Oui, c’est pas du tout déshonorant, mais quand tu travailles dans un média de
masse, tu t’adresses au plus grand nombre : tu ne vas pas à chaque fois
réexpliquer que ce n’est pas le retour de la France à Chaîne III ! Et c’est
tellement rare qu’un Algérien s’appelle Luc. Et donc, même avec un nom aussi
absurde que Omar Zelig, ça passe beaucoup mieux. En même temps je créais
un personnage et ça m’amusait.
- Je pensais que c’était parce que t’avais un complexe, un problème avec toi-même…
Des tas d’amis m’ont dit que c’était un reniement. Mais ce n’est pas du tout le
cas, je suis plutôt fier d’être le résultat de cette histoire, mes parents ont choisi
de lutter pour l’indépendance de l’Algérie dès 1954 ! C’est juste pour être à
l’aise et pour qu’il n’y ait pas d’écran entre moi et les gens. En tout cas, dans
ma vraie vie je m’appelle Luc Chaulet. Mais ce pseudonyme m’a beaucoup
libéré : j’étais réalisateur, au départ j’étais isolé des gens. C’est à la fin de ma
carrière que j’ai commencé à faire le pitre à l’antenne. Ce personnage est
devenu une création en soi, mais ça m’a aidé. Toute ma vie on m’a dit que je
ne pouvais pas comprendre ce qui se passait dans mon pays, on me sortait le
«toi, c’est pas pareil» ! Alors que j’ai toujours vécu en Algérie, j’ai le bac
algérien, j’ai fait mon service militaire en Algérie, je vote en Algérie, je n’ai
vécu que quatre ans en France… Mais quand même tu restes gawri !
-Et comment la radio est-elle arrivée dans ta vie ?
Après le bac je me suis inscrit en sciences économiques à la fac, puis je me
suis dit : «Purée ! Je vais devenir, au mieux, un économiste du tiers-monde !» A
l’époque, on avait des profs russes qui nous enseignaient l’économie du sousdéveloppement,
c’était lourd. C’est dur de le dire vis-à-vis des jeunes
d’aujourd’hui, mais on était une génération bénie, la génération de
l’Indépendance, il suffisait de regarder dans El Moudjahid les annonces de
sociétés nationales qui offraient des stages. Et mon idée de départ était de
faire du cinéma, mais les stages qu’offrait l’Oncic, c’était en URSS, ça ne
correspondait pas à mon tempérament. Puis j’ai trouvé ce stage à la radio qui
devait se dérouler à Paris, à l’Institut national de l’audiovisuel, j’y suis allé pour
deux ans, c’était cool, une vraie formation.
En fin de compte, j’ai bien fait. Tous mes amis qui voulaient faire du cinéma se
baladaient avec leurs scénarios sous le bras, et ils ne pouvaient souvent pas
tourner, ça demande beaucoup d’argent. Ils sont devenus tous très
malheureux! Alors que moi, en rentrant, j’ai bossé du jour au lendemain. La
radio ce n’est pas cher, ça va vite, c’est un bon média.
-C’était donc les années 1980…
Oui, j’ai fait une carrière de moukhrij (réalisateur). J’ai commencé dans les
années 1980 avec une heure et demie de magazine quotidien, culture-société.
Déjà à l’époque, à la radio, il y avait deux grandes directions, l’information et
la production. Les journalistes sont là pour lire les dépêches de l’APS, en
respectant la pensée profonde de la dépêche ! Alors que la production, c’était
autre chose, et à la Chaîne III on était un peu ouverts, on passait du rock, et –
ce n’est pas pour défendre ma chapelle – si les Algériens ont encore envie
d’écouter la radio, ce n’est pas grâce à l’APS, c’était plutôt grâce aux émissions
de la production !
-Il y avait de la liberté dans les années 1980 ?
Ah oui ! Tout le monde nous disait qu’on était le pendant d’Algérie Actualité,
que c’était le pouvoir qui voulait libérer une soupape de sécurité. Je ne sais pas
dans quelle mesure c’était vrai. Mais c’était une époque incroyable,
inimaginable aujourd’hui. On convoquait nos directeurs lors des assemblées
générales, on les accusait… Et du coup ça créait une ambiance particulière. On
voulait gagner des espaces de liberté et chaque fois que c’était fait on pensait
que c’était acquis… Mais voilà, l’histoire nous a donné tort !
-Mais c’était aussi l’époque de la SM ?
Oui, mais en même temps on avait appris à jongler avec ça. Mais je me trouvais
plus libre dans les années 1980 qu’aujourd’hui…
-Et maintenant c’est quoi qui bloque ? La censure, l’autocensure ?
Non, c’est le fric. Avant on vivait très bien avec 3500 DA à Alger. Grosso modo,
on touchait tous à l’époque le même salaire et on avait, surtout, la sécurité de
l’emploi… Aujourd’hui, il n’y a plus que des précaires qu’on peut balancer
quand on veut. Donc, ils ont intérêt à se tenir à carreau, avec des contrats un
peu bidon… Voilà, c’est la tendance mondiale !
-Arrive ensuite Octobre 1988. Comment ça a évolué depuis ?
En pire… Car après c’est la guerre civile, parce que, apparemment, maintenant
on a le droit d’employer ce terme. Avec tous ces océans de sang… L’Algérie
était un pays sûr, jusqu’à la césure de 1988. Les nouvelles générations vivaient
mieux que celles de leurs parents à l’époque. Après elles ont vécu plus mal.
Elle est là la différence, les Algériens d’aujourd’hui vivent souvent plus mal que
leurs parents.
-Dans les années 1990, tu as continué à bosser à la radio ?
Oui, j’y ai travaillé tout le temps, jusqu’en 1994 où il a fallu s’éloigner un peu.
En 1992 j’ai créé El Bahdja. A l’époque, c’était l’anniversaire de l’Indépendance,
j’ai proposé ça et ils ont accepté. On a créé une radio FM musicale en stéréo
sur le modèle de FIP. Mon idée était de faire une bande-son d’Alger, pas
besoin d’animateurs, avec dix personnes, moitié musique algérienne, moitié
musique d’ailleurs. Ça a très bien marché. C’était un peu dur à l’époque, on
devait la lancer le 5 juillet, puis il y a eu l’assassinat de Boudiaf le 11 juin, donc
on l’a lancée le 5 octobre 1992. Je m’en suis occupé pendant plus d’un an. Au départ, c’était très bien, on essayait de coller à notre ambiance, le melting pot
algérois bien orientés chaâbi, mais avec des règles absolues, on ne coupait pas
un qçid, le chaâbi ne servait pas de bouche-trou comme ailleurs, du coup on
était estimés : on avait le droit d’enregistrer dans les mariages et les chioukh
comme Amar Ezzahi, Rachid Nouni, qui se méfiaient de la «RTA» comme de la
peste, nous donnaient le droit de diffuser leurs bandes. Mais ça a tellement
bien marché, on nous écoutait partout, que la propagande s’en est mêlée, les
responsables voulaient faire passer leurs messages… Aujourd’hui c’est juste
devenu une radio locale assez vulgaire et bavarde, je ne la reconnais pas.
-Et en 1994 tu pars à Paris…
Voilà, quatre ans à Paris. Ça se passait encore plus mal avec les Français
qu’avec les Algériens, parce qu’ils ne supportaient pas m’entendre parler en
tant qu’Algérien, ça été un cauchemar ! Là-bas je suis un fils de harki, à
l’envers. J’étais dans la situation d’un fils de harki qui vient en Algérie
demander un passeport. Pendant un an en France, j’ai attendu qu’on me donne
un passeport, je suis resté à Paris en clandestin, je n’avais que mon passeport
algérien avec un visa périmé ! La police arrêtait tous les Arabes autour de moi
dans le métro et moi on me laissait tranquille, à la gueule… J’avais l’impression
d’être un imposteur. C’était affreux. Après quatre ans, j’étais malade de
nostalgie et je suis rentré.
-Tu es rentré par nostalgie ?
Oui. Parce que c’est ici mon endroit. On est rentrés au moment où il y avait les
grands massacres… Au départ, tu quittes parce que tu te sens ciblé, parce que
des copains te disent : «Ce n’est pas le moment de rentrer.» Mais au bout d’un
moment, ça n’avait plus aucun sens de dire : «Oui, on est des journalistes
exilés, menacés…» C’était ridicule en cette période de tuerie générale.
-Et tu as de suite repris à la radio ?
Ils n’étaient pas très pressés de me voir ! Ils m’avaient demandé de
démissionner au bout de trois ans de mise en disponibilité. J’ai réintégré en
2000. Entre-temps, j’avais traîné un peu… J’ai travaillé dans la presse avec
Libre-Algérie…
-Tu as retrouvé quelle ambiance quand tu es rentré ?
Une ambiance différente. La puissance du fric, d’abord. Là, j’ai compris que la
radio que j’ai connue dans les années 1980 était inimaginable aujourd’hui.
-Comment tu ressens la pression concrètement ? Ce sont les journalistes qui
ont intériorisé la censure ? Les responsables l’imposent ?
La censure c’est toujours organisé, ensuite elle est intériorisée, et pour survivre
les gens sont condamnés à faire croire qu’ils croient en ce qu’ils disent. Mais
on n’est jamais forcé d’obéir, personnellement je m’y suis toujours refusé, j’ai
toujours préféré ne pas faire que de faire ce que je ne voulais pas faire.
-Il y a un mec qui pointe un flingue sur ta tempe quand tu bosses ?
Non ! A partir du moment où tu es dedans, tu connais les limites de l’exercice,
toute la question est de réussir à repousser ces limites et c’est là que soit tes
propositions sont acceptées, soit non. Le refus n’est jamais direct, ni explicité,
tout baigne dans les non-dits. Il y a une ambiance générale assez conformiste,
propagandiste.
-Oui, mais là, «Réactions en chaîne», ta dernière émission, a été carrément
censurée…
Oui, mais c’est vicieux, c’est jamais dit comme ça. Je voulais faire un talk-show
et passer à l’antenne. On va parler de culture, de médias, de société, avec des
gens bien, qui vont dire réellement ce qu’ils pensent. Donc on a essayé la
parole libre, on l’a fait pendant quatre ans. On n’était pas les attachés de
presse du ministère de la Culture, on disait ce qu’on pensait. Alors qu’il y a
toute une catégorie de journalistes institutionnels qui était là pour dire que
tout va bien ! Puis ça s’est arrêté à la veille du Panaf’. La raison c’était
«changement de grille», on devait avoir notre émission plus tard. Puis
l’émission a été remplacée par exactement le contraire de ce qu’on voulait
faire. Nous, on proposait les nouvelles cultures urbaines d’Afrique, ils nous ont
remplacés par de l’ethnologie à l’ancienne, genre «Les rituels d’initiation dans
les tribus du Nord-Cameroun». Et j’ai jamais su la raison de cet arrêt, j’ai
envoyé mille courriers. Dans ces cas-là, on ne te dit jamais rien, on ne te
répond pas. Le mépris. En plus ils me proposaient rien, ils m’ont harcelé, fait
des retraits de salaire… Minables.
-Il faut dire le mot, c’est un peu fasciste…
C’est comme si c’était un drame de dire réellement ce qu’on pense. Alors que
moi, je pense que ça ne l’est pas, je sais que les gens vont se reconnaître en
nous, entendre la sincérité. Dans «Réactions en chaîne», on n’était pas toujours
d’accord entre nous et j’aimais bien la polémique. On aimait créer le débat, et
ça, ça terrorise les responsables ! Moi, mon seul but, c’est que les Algériens
aient envie d’écouter leur radio, eux, ils veulent plaire à leurs chefs, c’est sûr
que c’est inconciliable…
-A ce point ?!
Attend, la dernière fois on m’a dit que j’étais subversif, j’ai fait une crise,
enfin ! Subversif, ça veut dire que je suis au service de quelqu'un d’autre pour
distiller un message à l’intérieur de l’institution ! Alors que je ne me veux
qu’au service du public sur une radio du service public. Je ne travaille pas
ailleurs, je suis un enfant de la radio et je ne me sens pas du tout subversif,
simplement la radio gagnerait à être plus libérée dans sa parole, et ce n’est pas
encore le cas.
-Moins de liberté et une bonne dose de «conformisme»…
Dans les années 1980, avec Allalou et d’autres, on voulait imposer le parler
populaire, et sortir de la malédiction de la francophonie. Aujourd’hui, on n’a
plus que des enfants de «bonne famille» qui parlent un français pointu et
improbable ! Dans «Réactions en chaîne» j’avais choisi de travailler avec des
gens qui avaient une manière de parler le français bien algérienne, de parfaits
bilingues, qui jonglent avec le français, l’arabe. On n’était pas là pour singer,
aujourd’hui c’est ça la tendance. Tu as ceux qui savent et qui font la leçon aux
indigènes ! Il y a toujours le complexe des francophones qui se croient un peu
supérieurs. Et la radio est très moraliste, on dit : «il ne faut pas faire ça, il faut
faire ci», ça devient caricatural : tous les étés c’est «Il faut mettre un chapeau à
vos enfants quand ils vont à la plage» ou bien «le Mouloud c’est un cauchemar,
il ne faut pas lancer des pétards». Et moi, du coup, j’ai envie de lancer des
pétards à la radio, c’est bien les pétards, la pagaille à Alger, c’est plutôt drôle,
c’est la fête de la lumière, pourquoi on va s’opposer à ça ?
-Et là, il y a «l’ouverture», il paraît…
Oui, il paraît, alors ça, ça passe toujours par l’info, c’est-à-dire les mêmes
journalistes qui lisent avec le même ton avec lequel ils donnaient le
communiqué du RND celui du RCD ! Heureusement qu’il y a les jeunes
reporters, mal payés mais pas encore formatés, qui arrivent à faire passer un
peu de la vraie vie et des vraies luttes ! Il y a un immense potentiel dans les
radios locales, à condition qu’on leur lâche la grappe ! Actuellement, dans ces
radios, c’est un drame de ne pas couvrir les activités du wali ! Alors que c’est
parfaitement secondaire. La radio n’est pas là pour flatter l’ego des autorités
locales, c’est fait pour accompagner les gens dans leur culture, c’est fait pour
adoucir la vie…et créer du lien à ne pas confondre avec de la soumission.
-Qu’est ce tu fais actuellement à la Chaîne III ?
Après deux saisons de vide où ils m’ont imposé de faire des trucs qui ne
m’emballaient pas, je fais des chroniques, le week-end à 9 h du matin, quatre
minutes enregistrées, De deux choses l'une, c'est le soleil, c’est du Prévert. Je
balance sur tout, ils n’osent plus censurer. Mais c’est sûr que si j’avais le choix,
je préférerais, pour le même salaire, refaire une heure de direct par jour !
-Quel est ton rêve à la radio ?
Je n’ai pas de rêve, je ne me prends pas pour un créateur genre artiste maudit,
juste un fabricant de programmes. J’aimerais qu’on ait du respect pour les
auditeurs, pour moi et pour ceux qui ont travaillé avec moi, et qui ne sont plus
à l’antenne, Abdallah Benadouda, Yacine Hirèche, Sofiane Hadjadj, Oumelkheir
Rahal. J’aimerais qu’ils finissent par payer Joe Okitawonya, un jeune Congolais,
étudiant aux Beaux-Arts qui, pendant un an, nous a présenté ses amis de tous
les pays d’Afrique, étudiants comme lui en Algérie et qui a été jeté comme un
malpropre sans toucher un sou. J’aimerais qu’il y ait une culture de dialogue et
de réflexion sur et dans le service public, et c’est loin d’être le cas. J'aime bien
ce média quand il ne prend pas les gens pour des cons !
Index :
-Pierre et Claudine Chaulet se sont engagés - avec d’autres «Européens
d’Algérie» – auprès du FLN dès le début de la Révolution. Ils jouèrent un
rôle de premier ordre aux côtés de Abane Ramdane et de Krim Belkacem
durant la Bataille d’Alger. Lui, médecin, elle sociologue, vivent toujours en
Algérie, leur pays qu’ils ont choisi.
-Algérie Actualité était l’hebdomadaire «libéral» et de référence des années
1980, sorte de presse indépendante d’avant l’heure. Porte-voix des tenants
des réformes sous Chadli, l’hebdo a disparu en 1996.
-La Sécurité militaire née après l’Indépendance est l’ancienne police
politique dont est issu l’actuel DRS (créé fin 1990) et ses démembrements.
-En compagnie de Aziz Smati, l’animateur Mohamed Ali Allalou a fait les
beaux jours de la Chaîne III à la fin des années 1980, notamment avec son
émission «Sans pitié» : insolence et parler populaire.
-Une des caractéristiques des maîtres du chaâbi, Amar Ezzahi et Rachid
Nouni (décédé en 1999), reste leur refus des circuits de la production
commerciale et la médiatisation. Plus que des artistes, il s’agit de véritables
mythes urbains.
Adlène Meddi
(Publié dans le quotidien algérien El Watan, édition du 02/04/2011)
